JeuxVideo.com ou l’exemple de l’évolution de la presse numérique

En 15 ans d’existence, le site JeuxVideo.com illustre à lui seul l’évolution de la presse numérique et la place qu’elle a aujourd’hui dans le domaine de l’information. A la base, simple lieu de partage d’astuces pour les jeux avec quelques actualités. Le site est devenu depuis, une véritable plate-forme d’informations dans tous les sens du terme. Articles news, previews, tests, reportages, freshnews, gaming live … Vu la richesse des informations et le contenu du site, il n’y a pas de surprise à voir que JeuxVideo.com est devenu un des leaders européens en terme d’information vidéoludique.

Les amateurs s’en souviennent probablement encore, le temps où jeuxvideo.com n’était encore que l’ETAJV (Encyclopédie des Trucs et Astuces du Jeu Vidéo). Au fil des années, ce site a su s’enrichir en suivant progressivement l’évolution du Web. Il est aujourd’hui l’un des portails d’information vidéoludique les plus consultés en Europe, logique au vu de l’utilisation des divers outils Web par JV.com.

Comme la plupart des sites, le premier support utilisé par les rédacteurs a été l’écrit. Tests, previews, news ou encore des dossiers. Le site est alimenté au fil de l’actualité est n’est jamais à cours de publication. Jusque là rien de révolutionnaire, mais ce qui est intéressant, c’est la capacité du site à avoir toujours proposer quelque chose de neuf pour se démarquer. Pour le côté écrit, ce groupe a décidé d’intégrer un aspect participatif à son écriture, en plus des commentaires et avis des lecteurs (sur lesquels nous reviendront un peu plus loin). Par le biais de concours, l’équipe de JV.com propose aux internautes d’écrire des dossiers, des tests. Les membres de la rédaction se réunissent ensuite pour faire une sélection, les meilleurs articles sont publiés et présentés en fin de semaine.

Des contenus vidéos mis en valeur

Au delà des articles que l’on dira basiques, de nombreux contenus vidéos sont mis en ligne quotidiennement et lors des évènements. Ainsi les visiteurs peuvent consulter différents reportages (dans les locaux d’un studio de développement par exemple), makings-of. Ils peuvent suivre l’actualité en regardant le Cliq ou encore la Freshnews, arrivée récemment (des sortes de journaux télévisés). Les Gaming Lives sont aussi présents. Comme leur nom l’indique, ce sont des phases de jeu en direct, commentées par deux rédacteurs. Des contenus qui sont mis en valeurs dès la page d’accueil et à travers les actualités. En résumé, les internautes auront largement de quoi faire au niveau des contenus vidéos, le stock de bandes annonces et autres teasers viendra rassasier les plus affamés.

Concernant l’organisation du site, le nom d' »encyclopédie » qui était attribué à JV.com pourrait être encore utilisé aujourd’hui tant le regroupement des informations est efficace. Tapez le nom d’un jeu dans le moteur de recherche, puis sélectionnez-le. Vous vous retrouvez alors devant une fiche détaillée qui vous donne accès aux tests, préviews, news, vidéos, photos, forums … Bref, tout ce qui a été fait autour du même titre est regroupé sur une même page. Il est ainsi bien plus facile de trouver ce que l’on veut rapidement.

Bien sûr, ce site qui se veut en plein dans la génération 2.0 n’est pas passé à côté de l’étape « Soyons mobile » et propose son application dédiée pour support mobile. De ce côté-là JV.com a aussi fait ses preuves puisque début janvier, le site se vantait d’avoir atteint les 1.000.000 de pages consultés sur une seule journée sur son application.

Mais bizarrement, malgré la multitudes d’articles, de vidéos et autres contenus, la force de JeuxVideo.com réside en grande partie dans la communauté qu’il a créé. Les commentaires des internautes (pas tous bien sûr) jouent un rôle important sur les différents articles. Simples réactions ou complément d’information, il faut faire le tri. Les avis des visiteurs sur un jeu viennent s’ajouter au test des professionnels, ce qui permet d’avoir un double avis qui peut s’avérer très utile. Tous ces visiteurs, on les retrouve sur les forums du sites. Répartis en plusieurs catégories (par consoles, génération, etc), ces lieux de discussion deviennent parfois à leur tour une véritable source d’information. Encore ici, il faut être prudent et vérifier ce qui nous est proposé. Les fakes sont nombreux.

Il est probable que beaucoup de personnes, lorsqu’elles liront cet article, se diront que JV.com est un site comme il y en a des centaines. Certes, aujourd’hui peut être. Mais depuis son ouverture il y a 15 ans, il a su rester en avance sur ses concurrents et s’est toujours démarqué en ajoutant de nouveaux outils. D’un point de vue personnel, j’utilise ce site depuis de nombreuses années, j’ai donc pu constater l’évolution de cette plate-forme au fil du temps. Alors bien sûr la qualité des articles ou bien des reportages peut varier, mais de manière générale, JeuxVideo.com reste un des sites les plus compétitifs dans son domaine. Pour preuve lors du salon de l’E3 à Los Angeles l’année dernière, le site a atteint un record d’audience avec 27,7 millions de pages consultées sur la journée du 8 juin 2011. Un chiffre qui est loin d’être dû au hasard.

Damonx.com : le futur format de l’information vidéoludique ?

Il y a quatre ans, Johan Godefroy, plus connu sous le pseudonyme de Damonx, a lancé son site damonx.com. Un blog sur lequel ce webmaster/community manager rapporte de manière plutôt personnelle l’information en terme de jeux vidéo, de cinéma, ou encore de mangas. A travers ses achats, ses sorties … Damonx poste des articles en tout genre : tests, critiques, déballages, etc … Un blog et une information qui ont su trouver leur public rapidement car en juin 2011, le site dépassait déjà les 3,5 millions de visites.

Tout est parti d’une idée simple : « partager ma passion pour les jeux vidéo, le cinéma et tout ce qui gravite dans mon univers blu ray, high tech, mangas… » C’est ce que voulait faire Johan Godefroy, webmaster et community manager à GameOne, la chaîne de télévision. Ce qui était à la base un simple endroit de « loisir » est devenu pour beaucoup un moyen de s’informer, et de réagir grâce aux commentaires. Grâce à son blog, Damonx bénéficie de kit presse, de jeux avant leur sortie, ou encore d’invitation à des films en avant-première (c’est un membre du club des 300 d’Allociné). Beaucoup de privilèges qui font de son site un endroit incontournable pour toute personne férue de numérique. Ses critiques de jeux ou de films paraissent la plupart du temps avant les sites professionnels, un avantage certain en terme d’audience.

Tests, préviews, critiques de films, déballage d’achats, etc … Les posts sont nombreux et variés. Leur particularité réside dans le fait que chaque article est éclairé par l’avis, relativement subjectif, de Damonx. L’espace de commentaires devient ainsi une véritable plate-forme de débat où les avis de tous les internautes se rencontrent. La formule peut paraître simple et peu originale pour certains, mais ce site est depuis sa création un vrai succès, et il compte de plus en plus de visiteurs chaque jour.

Des critiques en avant-première

Alors comment expliquer le succès de Damonx et de son blog ? Comment un blog peut-il devenir un des moyens d’information favori d’un public ? Pour ce qui est de la presse vidéoludique, et donc de damonx.com, la réponse se trouve principalement dans les attentes du public. Cette bulle de lecteurs ne recherche pas une information « distante », trop objective et dénuée d’opinion. Ici le lecteur aime que l’auteur donne volontairement son avis, il a envie de pouvoir réagir à l’article. Le terme pourra peut être être mal vu par certains, mais on est dans une « ambiance moins sérieuse ». Il y a un climat tranquille de discussion que l’on retrouve dans la manière d’écrire du blogueur.

Pourquoi souligner ce style dans l’écriture ? Tout simplement parce qu’il se pourrait que pour certains sujets ou thèmes, ce genre d’écriture se démocratise. Car il correspondrait plus aux attentes du public cible. Bien sûr il faut garder les pieds sur terre, ce style ne peut pas être transposé à n’importe quel thème. Mais dans le domaine du jeu vidéo ou du cinéma, il s’adapte parfaitement. Désormais l’important est de savoir si, à l’avenir, les gens se tourneront plus vers ce format d’information ? Plus agréable pour eux, ou bien resteront-ils informés via des médias professionnels (sites, magazines, etc) ? A l’heure actuelle, nous sommes dans une période où le lectorat combine ces deux formats. Les années à venir nous montreront lequel surpassera l’autre.

Les derniers chiffres publiés par Damonx

Entretien avec Laurent Jerinte Ou Gerente, spécialiste des médias polonais

Aujourd’hui je vous propose un entretien avec Laurent Jerinte Ou Gerente, un spécialiste en matière de médias en Pologne. Depuis maintenant quatre ans il intervient comme consultant, formateur et journalsite-pigiste sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication en Pologne. Cet expert tient surtout un blog sur lequel il traite de l’évolution des médias polonais (convergence numérique …). Je l’ai donc interrogé sur la transformation de la presse dans cette génération 2.0. D’abord pour avoir un panorama du contexte médiatique actuel en Pologne, mais aussi pour connaître son point de vue sur les mutations du journalisme de manière générale.

(Guillaume Ambroggio – Horizons médiatiques) Sur votre blog « Les nouveaux médias en Pologne », vous traitez des médias sous toutes leurs formes. Pourriez-vous nous dire dans quel contexte se trouvent actuellement les médias en Pologne ?

(Laurent Jerinte Ou Gerente) Je pense que les « médias polonais »  – au sens large du terme – ont parfaitement su saisir le virage de la révolution numérique. Qu’il s’agisse de la presse écrite, de l’édition, de la musique ou de la télévision, le numérique est de plus en plus présent dans l’industrie des médias en Pologne, sans oublier bien évidemment les « pure players » qui sont les enfants de cette révolution. La seule exception concerne peut-être la radio où le numérique n’a pas encore vraiment percé : la radio numérique n’en est encore qu’au stade expérimental et peine à trouver son modèle économique. Mais ce constat vaut aussi pour la France et puis cela ne signifie pas pour autant que les radios en Pologne n’aient pas innové ces dernières années : les grandes stations polonaises s’appuient toutes désormais sur la puissance des réseaux sociaux pour gagner de nouveaux auditeurs ou fidéliser les anciens. Certaines ont même tenté de « faire de la télévision » en créant une chaîne dédiée retransmettant 24h/24 des images des studios. C’est le cas du projet “Czworka” de la radio publique Polskie Radio. D’une manière générale, les médias polonais n’ont absolument pas à rougir de ce qui se fait en France ou ailleurs en matière de médias numériques.

(G. A. – HM) Aujourd’hui on assiste à une convergence de tous les médias vers le Web ? Avez-vous aussi constater ce phénomène du côté de la Pologne ?

(L. J.O.G.) Oui, on observe également en Pologne à la fameuse convergence des médias que j’évoque souvent dans mon blog. Le constat est simple : avec l’émergence des technologies numériques et le développement du haut-débit, les frontières entre médias traditionnels tendent progressivement à disparaitre. Il est dès lors de plus en plus difficile de « catégoriser » les médias puisque ces derniers peuvent avec le numérique investir de nouveaux domaines qui leur étaient autrefois fermés. C’est ainsi que la presse écrite fait désormais du web et même de la télévision puisqu’on trouve également des reportages vidéo sur le portail des grands quotidiens polonais. A l’inverse, la radio se met à faire de la télévision à l’instar de Czworka ou d’autres web-radios. Quant à la télévision, elle est désormais présente sur tous les supports imaginables, des téléphones portables en passant par les ordinateurs et les tablettes numériques.

L’une des particularités de la Pologne tient sans doute au fait que pendant les années communistes, la censure était de rigueur dans les médias, ce qui donne sans doute encore plus d’appétit aux acteurs d’aujourd’hui dans leur politique d’innovation et leur soif d’investir de nouveaux supports ou de nouveaux canaux de diffusion. En Pologne plus qu’ailleurs, les frontières n’ont donc jamais été aussi bousculées.

(G. A. – HM) Quels sont les principaux enjeux des médias polonais pour les années à venir ?

(L. J.O.G.) A mon avis, les médias polonais devront relever deux défis majeurs dans les années à venir : le premier concerne la recherche d’un modèle économique viable et pérenne qui reste encore à préciser. Comme c’est le cas un peu partout, l’apparition du numérique en Pologne a apporté son lot d’incertitudes, voire d’inquiétude : les ventes papier de la presse écrite ne cessent de décliner depuis plusieurs années et tous les grands quotidiens polonais sont désormais à la recherche de ce « nouveau souffle » qui leur permettra de compenser le manque à gagner : e-books, smartphone, iPad et autres tablettes numériques… les opportunités ne manquent pas mais les consommateurs polonais ne sont pas toujours enclins à payer pour du contenu, même de qualité. Les grandes chaînes généralistes polonaises sont confrontées au même type de dilemme. Avec le numérique les téléspectateurs polonais ont assisté à une véritable explosion de l’offre avec plusieurs centaines de chaînes disponibles, sans compter les portails vidéos et autres services de VOD. Pas toujours facile dans ces conditions de tirer son épingle du jeu et de fidéliser une assistance de plus en plus volatile.

Le deuxième défi que l’industrie polonaise des médias devra relever dans les années à venir concerne le nécessaire mais difficile équilibre entre respect de la liberté d’expression et impératif de régulation. Il faut en effet préciser que la liberté d’expression est un sujet pris très au sérieux en Pologne en raison de l’histoire douloureuse du pays que j’évoquais plus haut. Pour s’en convaincre, il suffit de voir les vives réactions d’hostilité suscitées par le projet ACTA en Pologne ou les tentatives du gouvernement de réguler – parfois à juste titre – l’Internet en Pologne. Pour l’heure, toutes ces tentatives ont été vouées à l’échec en raison de la forte mobilisation des acteurs de la société civile et des associations de défense de la liberté d’expression. La situation est d’autant plus complexe qu’avec le numérique, la question de la légitimité des organes de régulation est elle aussi posée : c’est notamment le cas quand le KRRiT (équivalent du CSA français) prétend contrôler les sites de VOD en Pologne ou quand l’UKE (équivalent de l’Arcep) entend bloquer l’accès à certains sites web jugés « illégaux ».

(G. A. – HM) Les pure players sont-ils aussi présents en Pologne ? Que pensez-vous de ce nouveau format de site d’information ?

(L. J.O.G.) Les pure-players sont aussi présents en Pologne mais d’une manière générale, ils restent rares et le secteur des médias tend plutôt à être dominé par de grands trusts qui disposent d’importants moyens financiers. Ainsi les grands portails web polonais (Onet.pl, Wirtualna Polska…) sont tous contrôlés par de grands groupes de médias polonais. Il est intéressant de noter qu’il n’existe pas vraiment d’équivalent polonais de Mediapart ou de Rue89 même si on recense quand même quelques sites de journalisme citoyen. La situation pourrait toutefois évoluer sous peu puisque l’un des journalistes les plus connus du pays (Tomasz Lis) vient de lancer un nouveau portail d’information directement inspiré du concept de l’Huffington Post et qui entend « révolutionner » le paysage médiatique en Pologne.

(G. A. – HM) Selon vous, est-ce qu’un média Polonais se détache des autres en terme d’information numérique ?

(L. J.O.G.) Oui, je pense que parmi les grands groupes de médias polonais qui ont parfaitement su tirer profit du virage numérique figurent sans aucun doute les groupes Agora et TVN. Le premier est l’un des groupes de presse les plus puissants du pays qui édite notamment le quotidien « Gazeta Wyborcza », le plus gros tirage de Pologne. Dans sa dernière campagne publicitaire, le quotidien se targue justement d’être cross’-média” et disponible sur tout type de supports (smartphones, web, tablettes numériques, papier)… pour le plus grand bonheur de ses lecteurs.

Dans un autre domaine, la première chaîne privée de télévision TVN est aussi un très bel exemple de réussite en la matière : avec l’appui du premier portail Internet du pays (Onet.pl) et d’importants investissements réalisés dans les services de Vidéo à la Demande (VOD), le groupe a augmenté considérablement l’exposition de ses programmes et donc les recettes publicitaires qui en découlent. Il s’agit là d’une stratégie de développement tout azimut qui a porté ses fruits au cours des 15 années d’existence du groupe. Pas étonnant dès lors que de grands groupes de média internationaux – et notamment Canal+ – se soit intéressé à ce qui reste l’une des plus fortes croissances enregistrées en Europe ces dernières années.

(G. A. – HM) Nous sommes en plein dans une génération de Web 2.0 et d’évolution, comment envisagez-vous la profession de journaliste dans les années à venir ?

(L. J.O.G.) Je pense qu’elle va radicalement changer dans les années à venir. Le premier changement notable que l’on peut anticiper concerne une plus forte polyvalence des profils. L’époque où les journalistes étaient cantonnés à un support (presse écrite, radio, télévision…) me semble en passe d’être révolue. Désormais, les professionnels du secteur devront jouer la carte de la polyvalence et savoir écrire pour plusieurs supports à la fois, ce qui reste un exercice délicat puisqu’il faut alors s’adapter aux contraintes de chaque média… on ne rédige pas un article papier comme on rédige un article pour un portail web. De même, on ne rédige pas de la même manière un article destiné à être lu sur un téléphone portable ou sur un ordinateur. Parfois il faut carrément s’improviser « réalisateur » caméra aux poings lorsqu’on doit, par exemple, tourner un reportage pour un portail web ou autre. L’autre grande tendance que j’anticipe, c’est une exigence de qualité accrue pour la profession. Avec la démocratisation d’Internet et le développement des supports gratuits, les citoyens sont désormais inondés d’informations plus ou moins pertinentes. Le web a bien évidemment ouvert de nouvelles opportunités à la profession mais il a également rendu les consommateurs plus exigeants : aujourd’hui plus que jamais, il faut produire du contenu de qualité pour espérer émerger du flot continu d’informations qui se déverse chaque jour sur nos écrans ou sur nos antennes. Un exercice d’autant plus difficile que tout citoyen peut désormais « s’improviser » comme journaliste et créer son propre blog.

(G. A. – HM) Les réseaux sociaux prennent une place de plus en plus importante dans la vie de tous les jours et dans les médias. Quelle est votre avis sur l’association média/réseau social ?

(L. J.O.G.) Je partage en effet le constat que les médias sociaux prennent de plus en plus de place dans le fonctionnement des médias. C’est aussi vrai pour la Pologne. Ils constituent désormais une source d’information privilégiée pour les journalistes, ils offrent une oreille inédite sur tout ce qui rythme la vie des citoyens et de nos sociétés. La plupart des grands médias polonais ont désormais intégré le phénomène et invitent les téléspectateurs ou les internautes à partager leurs informations ou leurs photos. C’est particulièrement vrai des grandes chaînes d’information (TVN, Polsat News, TVP INFO) mais pas seulement. En même temps, les médias sociaux peuvent également se révéler une menace à terme pour les grands groupes de médias : en permettant aux citoyens d’accéder plus rapidement à l’info et de coller plus près à l’actualité, ils entament d’une certaine manière la légitimité et l’utilité même des médias traditionnels qui se retrouvent à la remorque de ces derniers. Autre piège à éviter: les médias sociaux et l’Internet d’une manière générale se prêtent facilement à la manipulation et aux tentatives de désinformation qui peuvent alors être reprises par les grands médias. D’où l’intérêt de bien maitriser ses sources !

(G. A. – HM) Si vous deviez conseillez un jeune qui souhaite se lancer dans le journalisme, quels conseils lui donneriez-vous ?

(L. J.O.G.) Je pense que la profession de journaliste est l’une des plus belles qui soit mais aussi l’une des plus exigeantes : il faut s’armer de beaucoup de patience et de détermination pour faire son chemin, ce d’autant que le secteur est en pleine mutation. Une certaine « flexibilité » (certains parleront davantage de « précarité ») est plus qu’indispensable, surtout en début de carrière, mais c’est là le prix à payer pour faire ses armes et espérer progresser par la suite.

Si vous voulez en apprendre plus sur les médias en Pologne, ou tout simplement sur l’évolution des médias, je vous renvoie au blog très complet de ce spécialiste : www.laurent-jerinte.com.

La presse numérique devient gratuite grâce à Mylib

Le groupe de magazines Viapresse a lancé, à la mi-mars, l’application Mylib. Destinée aux tablettes comme aux smartphones, elle offre gratuitement à ses utilisateurs la possibilité et consulter et de télécharger des magazines au format numérique. En un peu plus d’un mois cette application a connu un véritable succès, elle était notamment n°1 au classement des téléchargements sur Itunes début avril.

Il y a une chose qui est sûre, on aime beaucoup lorsque l’on nous offre du contenu gratuitement. Mais si en plus ce contenu est de qualité et que l’interface qui le met à disposition fonctionne parfaitement, c’est la cerise sur le gâteau. Mylib réussi ce challenge et nous livre une application performante à souhait.

Depuis la mi-mars, les amateurs de presse numérique peuvent avoir le sourire. Le groupe français Viapresse, spécialiste de la vente d’abonnements magazines en ligne, a lancé son application pour smartphones, tablettes, PC et Mac. Celle-ci vous permet d’accéder à de nombreux magazines dans leur format numérique. Il est possible de les lire en ligne, ou bien de les télécharger et de les conserver pour une lecture ultérieure.

L’application propose les outils de lecture classiques : mode portrait ou paysage, zoom … Mais elle se distingue aussi avec quelques bonus comme différents mode d’affichage de la bibliothèque, mais aussi un moteur de recherche.  Ce dernier s’avère très efficace, taper un mot clés, un nom, un thème, et l’application vous donnera une sélection de magazine où ces termes apparaissent.

Mais comme vous l’aurez compris, le gros point fort de Mylib, c’est qu’il est gratuit. Pour accéder au contenu, il suffit de créer un compte Mylib via le site www.mylib.com, ou directement sur votre appareil mobile relié à Internet, et à vous les nombreux magazines ! A l’ouverture de votre compte, 10 magazines vous sont offerts, vous disposerez d’autres contenus au fur et à mesure des semaines.

Seulement deux semaines après le lancement de l’application, Viapresse publiait les premiers chiffres concernant Mylib : durant cette période de 15 jours, 200.000 comptes ont été crées sur Mylib. Pour couronner le tout l’application se trouvait en tête des téléchargements sur Itunes début avril. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, Viapresse et sa Mylib s’imposent en quelques semaines comme une référence en terme de lecture numérique. Un succès plutôt logique. Une application de cette qualité et gratuite, ça ne court pas les rues.

Lorsque l’on voit le prix des abonnements sur le kiosque d’Apple, ou via les autres supports (environ le même tarif que la version papier), il n’est pas étonnant de voir les utilisateurs de supports portables se jeter sur Mylib. Il n’y a plus qu’à espérer que d’autres éditeurs suivront les traces de Mylib. Croisons-les doigts.

Moodio TV, la Web TV musicale belge

Nouvelles tendances de ces dernières années : les Web TV. Avec le développement des médias sur Internet, la toile voit fleurir de plus en plus de chaînes de télévision (ou flux vidéos). Du côté de la Belgique, une Web TV consacré à la musique à fait son apparition il y a environ deux ans : Moodio.tv. Un média qui cherche à donner une dimension internationale aux artistes belges en effectuant leur promotion en ligne.

Moodio.tv est arrivée en ligne il y a deux ans. A travers ce site, l’objectif était double : réunir sur une seule plate-forme les deux communautés linguistiques du pays et dans le même temps faire connaître au niveau international les artistes belges.

Avec une équipe de 25 personnes, le site vous propose de découvrir les artistes du pays, confirmés ou émergents, à travers toutes sortes de vidéos : concerts, clips, interviews … Pour être plus accessible, le site est proposé en trois langues : français, néerlandais et anglais. Des langues que l’on retrouve dans les reportages qui sont eux aussi disponibles avec différentes pistes audios (français ou néerlandais). Des centaines de vidéos sont ainsi à la disposition des visiteurs.

Particularité de la Web TV, d’ailleurs mise en avant, le fait que ce portail musical s’ouvre à tous les genres, en allant du jazz jusqu’à l’électro, tout le monde trouvera ce qu’il aime. Moodio.tv peut être vu comme une simple Web TV, mais c’est bien plus que ça. C’est un outil de promotion très efficace pour les artistes belges. Il est en effet possible de créer une interactivité avec les vidéos. Par exemple, un groupe dont vous visionnez la vidéo peut vendre sa musique directement à partir d’un lien dans la vidéo, ou proposer de remporter des places pour son prochain concert, les possibilités sont nombreuses.

Moodio.tv offre également des opportunités de participer à la rédaction de sujets, via des concours. Des émissions interactives sont aussi organisées afin que les internautes puissent vraiment jouer un rôle sur la chaîne. Le but : créer une communauté autour de ce site-outil et autour de la musique et des artistes belges. Bien évidemment ce portail musical est également très actif sur les réseaux sociaux, un outil supplémentaire dont il se sert pour publier, mais aussi pour récolter les avis des internautes et les inviter à participer au sein du portail. L’interactivité entre site, artistes et internautes est vraiment le cœur de ce média.

Moodio.tv livre un portail musical impressionnant, les vidéos se comptent par centaines. Plusieurs aspects viennent embellir un tableau déjà très attirant : les outils proposés aux artistes afin de faire leur promotion, ou encore l’aspect participatif offert aux internautes. La qualité de Moodio.tv dans le domaine n’est plus à prouver, il se poste dans les meilleurs médias en ligne de son pays grâce à un site interactif à souhait, performant et riche en contenu.

Le Franciscan Media Center s’améliore et arrive avec un nouveau site Web

L’information englobe bien des thèmes : politique, culture, sport, etc. Et il y a un domaine que l’on laisse souvent de côté et qui pourtant a lui aussi ses propres médias, la religion. Le Franciscan Media Center,qui rapporte l’actualité de « la Terre Sainte » comme il le décrit, a sorti en fin d’année dernière, la nouvelle version de son site d’information. Disponible en plusieurs langues et riche en contenus,  le site se place dans la génération 2.0 avec succès.

Crée en 2008, ce site d’information ne se destine pas à une religion en particulier. Il s’adresse aux catholiques, orthodoxes, protestant, islamistes, juifs, ou encore à toute personne intéressée par les nombreux sujets traités. Le site est actuellement disponible en cinq langues : anglais, français, espagnol, italien et portugais (bientôt en arabe). Ce portail, qui se veut ouvert à tous, est alimenté par des journalistes professionnels du domaine religieux. Avec un contenu axé sur la vidéo et des retransmissions en direct sur le site, le Franciscan Media Center se transforme en véritable bibliothèque numérique.

Le site regroupe différents types d’actualités. Les plus importantes sont probablement les news classiques que l’on retrouve dans la rubrique « Terre Sainte News ». Dans cette rubrique les vidéos sont réparties en différentes catégories et thèmes ce qui facilite grandement la recherche d’une information. Via la rubrique  « FMC en direct » il est possible de regarder les lives effectués tout au long de l’année, lors d’évènements religieux la plupart du temps. Mais vous pourrez aussi suivre le journal télévisé hebdomadaire de la chaîne. Bref, le site offre une large gamme de retransmissions.

En plus de son efficacité en terme de contenus vidéos, de mises à jour et de direct, le FMC est aussi très présent sur les réseaux sociaux. Via Twitter, Youtube ou Facebook, le site publie, à chaque nouvelle vidéo et actualité, quelque chose sur sa page. En terme de visibilité, les concepteurs n’ont pas fait les choses à moitié.

L’image de l’information religieuse est souvent négative, certains la jugent en retard et en décalage par rapport à la génération actuelle de médias. Le Franciscan Media Center démontre que ce n’est qu’un mythe. Ce portail d’information, grâce à ses vidéos, ses lives, ou encore sa visibilité sur les réseaux sociaux, s’impose comme un site complet ancré dans la génération 2.0. Un exemple d’interactivité.

Google TV, Apple TV … Les applications sont partout, même sur nos télévisions


Il y a quelques semaines, j’évoquais dans un de mes articles, l’arrivée d’applications sur les consoles de jeu Xbox. Pas un jour ne se passe sans qu’une nouvelle application pointe le bout de son nez. Sur tablettes, smartphone … Et maintenant sur votre télévision ! Certains constructeurs comme Samsung , avec leur SmartTV notamment, proposaient déjà des applications appelées « widgets » que vous pouviez télécharger sur votre téléviseur : météo, youtube … Mais avec l’arrivée de la Google TV, ou encore l’ascension de l’Apple TV, les applications ne sont pas prêtes de s’arrêter de s’installer sur tous les supports possibles.

Trop d’applications tue l’application ? Apparemment ce n’est pas ce que pense les différents fournisseurs de supports. Vous en avez sur tablettes, sur votre smartphones, alors quel serait l’intérêt d’en avoir sur votre télévision ? Première réponse : centraliser les activités. Un exemple simple : vous regarder une émission ou un journal télévisé, et vous voulez live tweeté une information. Pas besoin de sortir un autre appareil, vous ouvrez votre application twitter depuis votre téléviseur et vous envoyer votre tweet directement.

Certes, le concept de tout pouvoir faire depuis un même appareil est toujours séduisant au premier abord. Mais si les choses se limitaient à cela, la plupart des utilisateurs pourraient vite trouver ce bonus un peu léger. Le concept va donc un plus loin.

Logiquement, les téléviseurs sont approvisionnés par tous les types d’applications. Soit directement sur l’interface de la télévision, reliée à Internet (Cf Smart TV de Samsung), soit par un boitier additionnel prévu à cet effet. La Google TV sera elle disponible dans les deux formats. Soit via en boitier muni d’un lecteur Blu ray, soit directement installée sur le téléviseurs à son achat.

Ce système donne accès à de nombreuses applications déjà disponibles sous Androïd sur votre téléviseurs. Jeux, lecture de vidéo, radio, web tv … Tout y est. Nombreux médias sont déjà présents via ce nouveaux supports outre Atlantique comme CNN, notons aussi que Euronews a fait son apparition sur ce marché. En plus de ces services la Google TV offre un moteur de recherche et la possibilité de naviguer sur Internet. La France accueillera la Google TV au mois de septembre, nul doute que d’ici là, plusieurs médias auront déjà préparés des application adaptées à ce nouveau support. Déjà disponible aux USA, la Google TV n’a pas fait l’unanimité auprès des consommateurs.

Présent sur le marché depuis plusieurs années, un autre produit avait déjà mis en place une plate-forme de contenus pour téléviseur, la célèbre Apple TV. Ici, même si l’interface prend en quelque sorte la forme d’un iOS, ce ne sont pas des applications proprement dites. On ne télécharge pas ce que l’on veut quand on le veut. L’Apple TV est mise à jour et ainsi vous disposez de tous les contenus disponibles à l’heure actuelle. La petite box d’Apple met à diposition des utilisateurs des services comme Youtube, Flicker ou encore Viméo. On note aussi la présence de Web TV, celle de la MLB (chaîne de télévision sur le baseball) et celle du Wall Street Journal. En plus de ces contenus viédos et photos, il est possible d’écouter n’importe quelle radio et de recevoir des podcasts. Bref Apple offre une plate forme multimédia très complète.

Au vu du succès actuel des applications, sur les autres supports, il ne faut pas être un prophète pour prévoir que nombreux médias vont mettre en place de nouveaux services afin de pouvoir projeter leur information via les téléviseurs. Votre télévision ne se résume pas, ou plus, à un simple écran avec des chaînes classiques.  Elle est en train de devenir un véritable portail vers le Web et les nombreuses possibilités qui sont offerts aux médias. Le slogan de la Google TV illustre parfaitement cette convergence : « TV meets Web. Web meets TV« .

La vraie question n’est pas de savoir si les médias vont profiter de ce nouveau support. Les applications déjà disponibles et celles en développement ont déjà répondu à cette interrogation. Vu le nombre de support pour applications, la vraie question est de savoir si les consommateurs d’information seront séduits par le combiné télévision/multimédia, et s’ils en ont vraiment besoin.

Direct Matin s’installe enfin sur la toile

On pourrait l’appeler « le petit dernier de la famille » puisque Direct Matin était l’un des derniers de la famille des quotidiens gratuit français qui n’avait pas  de version numérique. Mais depuis le vendredi 13 avril ce n’est plus le cas. Ce journal propose en effet depuis moins d’une semaine son propre site Web. Alors que vaut ce nouveau site face à ses concurrents? Et quelles atouts a-t-il mis en avant pour se démarquer ? Quelques précisions dans les lignes qui suivent.

Direct Matin se lance enfin sur Internet, en arrivant après tout le monde, on se demande un petit peu comment ce journal va tirer son épingle du jeu et réussir à se démarquer de ses concurrents. Si ce média a voulu frapper fort, il faut être objectif, ce n’est pas au niveau de la forme qu’il y arrivera. Le site arbore une structure relativement classique.

La bannière du site se décompose en deux, au-dessus nous retrouvons un bandeau avec différents liens. En premier, et logiquement la plus importante, la rubrique Infos, qui une fois sélectionnée se décline dans le second bandeau de la bannière avec les différents thèmes d’actualités (France, monde, politique, économie, etc). Nous retrouvons ensuite Top News et Media Center, sur lesquelles nous reviendrons plus en détails un peu plus tard. Puis viennent la rubrique Présidentielles 2012, sujet majeur de l’édition pendant cette période. La rubrique Opinions, elle, regroupe différents entretiens sur des sujets de société. Enfin la rubrique Journal vous donne la possibilité de consulter et de télécharger la version numérique du périodique. Un outil devenu indispensable de nos jours, surtout dans le cadre de la presse gratuite.

Le reste du site est également assez conventionnel. Un écran en dessous de la bannière fait circuler les photos des Unes sous forme de diaporama (plutôt agréable à l’œil). En dessous les actualités sont listées selon leur thème. Certes, faire classique peut paraître peu ambitieux. Mais ne vaut-il mieux pas faire classique et réussi que original et raté ? Sur ce point, Direct Matin a le mérite d’avoir produit un site accessible et efficace. On ne se perd pas dans la masse d’actualités et on trouve plutôt facilement ce que l’on était venu chercher. Le pari est donc tenu côté graphique.

Deux atouts: Top News et Media Center

Si Direct Matin n’a pas su se démarquer au niveau de la forme, au niveau du contenu c’est un peu différent. Deux rubriques se démarquent. Notamment la Top News. Comme son nom l’indique, il s’agit tout simplement du top des actualités du moment. En cliquant sur cette rubrique, vous trouverez un classement de cinq actualités établi en fonction du nombres d’articles parus sur le sujet. Ainsi, en un clic, vous aurez accès aux news populaires du moment. Un plus non négligeable pour les personnes qui n’ont pas spécialement le temps de faire des recherches. La Top News vous donne les cinq sujets qui ont la côte, accompagnés de liens vers les articles qui les traitent.

Autre atout : le Media Center. Cette rubrique est en fait une immense galerie regroupant les photos et vidéos de tous les articles du site. Mais les choses ne s’arrêtent pas là. Direct Matin s’est également associé avec le groupe Magnum et propose ainsi de découvrir de nombreux clichés de l’agence de photos.

Alors oui c’est vrai, Direct Matin a mis le temps pour se lancer dans le numérique. Mais le premier constat est plus que positif. Ce périodique français gratuit nous propose un site agréable et accessible. La Top News s’avèrent très intéressantes et surtout très utile pour retrouver rapidement les sujets du moment. Le Media Center vient compléter le tableau d’un site qui aura mis du temps à arriver mais qui s’avère au final très réussi. Nul doute que ce site devrait permettre au journal de toucher un public plus large, notamment ceux qui n’ont pas accès à la version papier faute de distribution, mais il devrait aussi convenir à ses lecteurs habituels qui y trouveront un complément de qualité.

Suivre un procès en assise en live, c’est possible grâce à La Meuse

C’est dans une politique de développement web du groupe de presse belge Sudpresse que ce concept est apparu. Le journal La Meuse a proposé à l’époque, comme beaucoup de sites, de retransmettre en direct les grands matchs de foot de la province. Pour aller encore plus loin, ces journalistes se sont demandés comment utiliser ce dispositif autrement. Il a donc été proposé de mettre en place le même principe de live sur un évènement comme un procès en assise. Un concept très novateur qui a rencontré un succès inattendu.

L’idée de base était simple, la majorité des personnes n’ont pas la possibilité de se rendre à un procès du début à sa fin. Pour palier à ce manque de temps, le journal La Meuse, édition Luxembourg, a testé en septembre 2010 ce que donnerait la retransmission en direct, sur son site Web, d’un procès. Au niveau de la  forme, le flux d’information prend l’apparence d’un  fil de commentaires. Pour le premier essai, il a été difficile de retranscrire la totalité du procès, et ce à cause du fait que un seul journaliste était présent pour s’occuper du dispositif.

Nicolas Léonard, chef d’édition pour la province de Luxembourg, explique que pour que ce concept soit efficace, il a  dû être adapté et retravaillé : « Lors du premier procès, nous n’avons pas pu retranscrire l’intégralité du procès car la journaliste qui était là-bas devait s’occuper à la fois du web et préparer le papier pour le journal en même temps. Pour être vraiment efficace, il faut qu’il y ait deux personnes, une pour le Web, l’autre pour le papier. En plus, le live ne peut être retranscris que par quelqu’un qui a une bonne connaissance du judiciaire, vu que les internautes nous posent des questions pendant le live, nous devons être en mesure de leur répondre ».

Le procédé paraît donc simple au premier abord, mais ce n’est pas le cas. En effet la difficulté réside dans l’interactivité avec les personnes qui viennent sur le live. Comme le précise le chef d’édition, il faut être capable de répondre aux diverses questions, mais dans le même temps il est nécessaire d’appliquer une modération dans les posts. Ce contrôle n’est pas un cadeau lorsque le journaliste doit déjà s’occuper de retranscrire le procès et de répondre aux questions.

Même si les membres de La Meuse savaient que ce concept était très prometteur, ils ne s’attendaient pas à un tel succès. Le second procès couvert concernait une affaire de meurtre, le genre d’affaire qui suscite un intérêt tout particulier auprès des lecteurs. Sur ce cas, le live a enregistré une moyenne de 700 connexions par jour, et 8000 sur la totalité du procès. Un succès qui est dû notamment à la publicité mise en place. « Je pense que si le live a si bien marché c’est parce que nous en avons fait une grosse promotion autour de ce dispositif. Nous l’avons annoncé dans notre journal, sur notre site, tout le monde était prévenu bien à l’avance », explique le chef d’édition.

Cliquer sur la photo pour accéder à l'intégralité des articles sur le procès Bryssens

En plus du live et du simple fil de commentaires, le site propose des vidéos et des articles supplémentaires tout au long du procès, comme les interviews des avocats par exemple. Des plus qui permettent aux internautes de suivre le procès de plus près, comme si ils y étaient. « C’est vraiment le cœur du concept, offrir le procès aux personnes qui n’ont pas la possibilité de s’y rendre. Maintenant nous avons créer un genre de communauté, des personnes sont présentes sur tous les lives, mais pas seulement de Belgique. Nous avons des gens qui suivent le procès depuis l’étranger, d’autres qui sont simplement passionnés de droit, il y a de tout ».

En dehors de ce que le live apporte aux lecteurs, il est aussi intéressant de voir ce que ce procédé offre aux journalistes. Quelques exemples : lors d’un des procès, un des témoins n’a pas pu se rendre au tribunal car il était en vacances en Espagne, il est venu sur le live pour participer. Pendant un autre, en plus du live, le deuxième journaliste sur place a réalisé l’interview de la petite d’amie d’un des accusés pour le format papier. Pour résumer, le live offre une autre dimension au traitement du procès. « Nous nous servons du live pour donner les informations chaudes, cela nous permet de développer d’autres angles pour le papier et ainsi offrir une value à notre notre format papier ».

Nicolas Leonard reste aussi et surtout conscient de ce que ce support offre en terme de réactivité: « Bien sûr, un des atouts majeurs que nous offre le live, c’est la rapidité. Nous sommes dans la salle d’audience, donc les évènements mettent environ une minute à sortir du tribunal pour aller sur le Web, c’est direct. Nous arrivons à être plus rapide que des médias qui nous devançaient auparavant. Par exemple lors d’un de nos procès, la RTBF annonçait à 13h10 que le jury était en train de délibérer, ils ne peuvent pas filmer dans la salle d’audience. Nous, nous annoncions le verdict à 13h08 sur notre site, ça devient vraiment un avantage de taille pour nous et la presse écrite ».

Malgré les difficultés que ces lives présentent (modération …), ce support reste extrêmement compétitif et performant. La Meuse a été l’un des premiers en Europe a mettre en place ce système de procès en direct minute par minute. Grâce à une bonne promotion, ce journal a réussi a fidéliser ses lecteur et internautes et a ainsi crée une véritable communauté autour du judiciaire. Le live aux assises est devenu une des armes du journal La Meuse face à ses concurrents. Il sera logiquement remis en place lors du prochain procès au mois de mai.

Le fil du live (peut être consulter même après la fin du procès) :

Jeuxvideo24 lance son magazine numérique

Un magazine ou un journal qui lance une version numérique de son périodique n’a aujourd’hui rien de surprenant dans cet ère de développement des supports web. Mais Jeuxvidéo24 tente un pari audacieux: offrir aux possesseurs de tablette une version numérique gratuite de son magazine, mais surtout, des pages qui s’actualisent au fil de l’actualité.

Après quatre ans d’activités sur le web, l’équipe de Jeuxvidéo24 se lance vers de nouveaux horizons et propose son magazine numérique pour Ipad. Un support qui peut paraître banal au premier abord mais pas du tout. Sa particularité, c’est sa périodicité, elle n’est pas fixe. En effet, au lieu d’offrir un magazine mensuel ou hebdomadaire, les spécialistes des jeux virtuels ont choisi un format unique : les pages sont mises à jour au fil de l’actualité.

Ce site combine donc deux formules connues : journal en version numérique et application avec mises à jour. Les amoureux de Zelda ou autre Solid Snake s’en frottent les mains. Consulter son magazine, le voir s’actualiser au cours de la journée, mais pas seulement. A travers ce « magazine » vous pourrez profitez de tout le contenu du site : vidéos, test, previews … Autre avantage, ce magazine/application ne nécessite pas d’être connecté pour lire. Vous pouvez en effet télécharger la mise à jour du magazine et ensuite profiter de votre contenu hors ligne. Un plus non négligeable. L’intérêt d’avoir un seul magazine qui se met à jour est un avantage certain pour l’utilisateur, dans le sens où celui-ci n’aura pas à télécharger des centaines de Mo pour avoir son magazine tous les mois. Surtout sur Ipad, une tablette très critiquée pour son espace de stockage.

Le téléchargement des données se fait de manière invisible à chaque lancement de l’application. Le sommaire est ainsi actualisé à chaque connexion. Celui-ci donne accès à environ 150 pages d’archives. Il est également possible de s’inscrire à des alertes qui vous préviendront lorsque les articles importants paraissent ou si une nouvelle couverture est disponible. Vous pouvez aussi régler un horaire de notifications. Les concepteurs semblent avoir voulu rendre l’application la plus accessible et personnalisable possible.

Ce magazine très novateur est totalement gratuit, pas d’abonnement, pas de paiement lors des mises à jours.  C’est assez rare pour être souligné. Il est disponible depuis le 22 mars. Les premier retours des utilisateurs sont très positifs, la navigation est fluide, l’accès au différentes rubriques est très intuitif. Le travail de l’équipe de Jeuxvideo24 semble avoir été payant. L’équipe a par ailleurs annoncé que plusieurs améliorations arriveront au cours des prochains mois, notamment pour intégrer la résolution du nouvel Ipad (Rétina de 2048 x 1536), ainsi que l’intégration des forums déjà présents sur le site web du média.

Pour répondre aux demandes de tout le monde, et ainsi toucher un maximum de public, Jeuxvideo24 a annoncé que le développement des applications pour les autres supports (Androïd, Windows, Iphone, etc) avait déjà débuté et que celles-ci devraient être disponibles dans les prochains mois ou semaines.

Avec cette nouvelle forme de support, il est intéressant de se demander si d’autres médias suivront le même schéma. Difficile à dire, Jeuxvideo24 n’ayant pas de version papier, il n’a pas la contrainte de devoir jongler entre les contenus de ses différents supports. Un média quotidien aura par exemple beaucoup plus de mal a suivre le même modèle.

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